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Vous l’avez peut être remarqué : de nombreuses entreprises dont vous recevez les newsletters vous ont adressé, à la même période, un e-mail au sujet des pixels de suivi. Ceci n’est pas le fruit du hasard. Ce mouvement fait suite à une recommandation de la CNIL, publiée le 14 avril 2026, qui précise les règles applicables à ces traceurs intégrés aux courriels.
Que mesure un pixel ? Dans quels cas faut-il recueillir le consentement du destinataire ? Quelles sont les exceptions admises ?
La recommandation de la CNIL ne crée pas une nouvelle obligation juridique et ne transpose pas une nouvelle directive européenne. Elle précise simplement l’application de règles déjà existantes, notamment l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, issu de l’article 5 § 3 de la directive européenne 2002/58/CE dite « ePrivacy », relatives aux pixels de suivi dans les courriers électroniques.
La recommandation a été adoptée le 12 mars 2026 et publiée au Journal officiel le 14 avril 2026.
Pour les adresses électroniques collectées avant le 14 avril 2026 une période transitoire de trois mois a toutefois été prévue. Pour ces anciennes bases, l'utilisation des pixels pouvait continuer pendant cette période, sous réserve d'informer clairement les destinataires et de leur permettre de s'y opposer.
Ce délai arrivait en principe à échéance le 14 juillet 2026. La CNIL admet toutefois qu'il puisse être prolongé de manière raisonnable lorsque le volume de la base ou des difficultés de délivrabilité rendent ce délai insuffisant, à condition que ces difficultés soient objectivement justifiées et documentées.
Un pixel de suivi est généralement une image invisible car de très petite taille, hébergée sur un serveur distant et intégrée dans un e-mail.
Lorsque le destinataire ouvre le message et que l’image est chargée, le serveur peut notamment récupérer :
La CNIL considère que le pixel constitue une opération de lecture sur le terminal de l’utilisateur. Il relève donc de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés, comme les cookies.
En effet ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un e-mail et non d’un site internet que les règles relatives aux traceurs ne s'appliquent pas.
En principe, l’utilisations d’un pixel de suivi nécessite le consentement préalable du destinataire. Il existe toutefois des exceptions notamment lorsque le pixel est strictement nécessaire à un service demandé par le destinataire ou lorsqu’il répond à certaines finalités.
Par exemple, le pixel peut servir à vérifier qu’un e-mail contenant un code d’authentification est ouvert sur un terminal connu de l’utilisateur.
C’est le cas pour les newsletters.
Le pixel peut être utilisé sans consentement pour déterminer si des destinataires sont devenus inactifs et, en conséquence :
Attention, cette exemption est très encadrée : le traitement doit être limité à ce qui est strictement nécessaire à cette finalité.
Bonne pratique : La CNIL recommande notamment de ne conserver, en principe, que la date du dernier e-mail ouvert, sans conserver l'heure, et de supprimer l'ancienne date lorsqu'une nouvelle ouverture est enregistrée.
Les exemptions peuvent également concerner les e-mails demandés par le destinataire ou rattachés à un service demandé par celui-ci.
Exemples :
C'est l'un des points les plus importants de la recommandation :
le consentement nécessaire pour envoyer un e-mail et le consentement nécessaire pour utiliser un pixel sont soumis à deux régimes distincts.
Ainsi, un e-mail peut être envoyé légalement sans consentement à la prospection, mais nécessiter malgré tout un consentement pour le pixel.
Droit d'envoyer l'email ≠ droit de tracker son ouverture.
Le consentement doit être : libre ; spécifique ; éclairé ; univoque et donné avant l'utilisation du pixel.
La CNIL recommande de le recueillir au moment où l'adresse e-mail est collectée.
Par exemple, lors de l'inscription : « J'accepte que des pixels de suivi soient utilisés dans les e-mails afin de mesurer leur ouverture et personnaliser les communications. »
L'information doit préciser les finalités et permettre à la personne de comprendre que le suivi pourra concerner les différents terminaux sur lesquels elle consulte ses e-mails.
A noter qu’une exception existe lorsque les finalités sont connexes : un consentement unique peut alors être envisageable.
Le retrait doit être aussi simple que le consentement.
La CNIL recommande de prévoir un lien de retrait dans le pied de page de chaque e-mail.
Le destinataire ne devrait pas avoir à :
Le retrait doit produire ses effets pour les futurs e-mails et, lorsque cela est nécessaire, l'organisme doit également empêcher l'exploitation ultérieure de pixels déjà intégrés dans d'anciens messages.
Bonne pratique : Lorsqu'une personne refuse le suivi, la CNIL recommande de ne pas la solliciter à nouveau pendant 6 mois.
La recommandation apporte des précisions sur les différents acteurs.
Le responsable du traitement doit pouvoir démontrer à tout moment que le consentement a été valablement recueilli.
Il convient notamment de conserver :
Il ne suffit donc pas d'affirmer qu'un consentement a été obtenu : le responsable du traitement doit être capable d'en produire la preuve effective.
Exemple de mention :

