
Les publicités sur Chat-GPT, Gemini et Perplexity sont désormais une réalité en France. Depuis le 24 août 2026, des annonces peuvent être diffusées auprès des utilisateurs français de ChatGPT dans le cadre d’un déploiement couvrant 31 marchés européens. Une évolution qui ouvre un nouveau chapitre dans l’acquisition digitale, mais qui traduit surtout un changement plus profond dans la manière dont les internautes recherchent une information, un service ou un professionnel. Bienvenue dans l’ère du GEA, Generative Engine Advertising.
Pendant des années, les stratégies de visibilité en ligne ont principalement reposé sur une mécanique connue : l’internaute saisit quelques mots-clés dans un moteur de recherche, consulte des résultats naturels ou sponsorisés, puis visite différents sites. Le SEO et le SEA restent essentiels, mais ils cohabitent désormais avec des parcours dans lesquels l’utilisateur peut directement expliquer son besoin à une intelligence artificielle.
Un voyageur peut ainsi demander : « Je cherche un hôtel avec spa pour un week-end en amoureux à Lyon, avec un restaurant sur place. » Un propriétaire peut expliquer qu’il envisage de vendre son appartement mais ne connaît ni sa valeur ni les étapes de la vente. Un particulier peut exposer une situation juridique avant même de savoir quel professionnel consulter.
Dans ces exemples, l’internaute ne formule plus seulement une requête. Il décrit une situation, donne du contexte et exprime une intention. Et ces nouveaux parcours deviennent désormais, eux aussi, des espaces publicitaires.

OpenAI indique que ChatGPT Ads ne fonctionne pas uniquement sur une logique de correspondance avec quelques mots-clés : la plateforme peut notamment prendre en compte l’intention conversationnelle pour évaluer la pertinence d’une publicité.
Selon David Dugan, responsable des solutions publicitaires chez OpenAI cité par Le Monde, environ 20 % des interactions avec ChatGPT présenteraient une intention commerciale directe. Avoir le contexte et plus seulement un mot-clé devrait donc nous permettre de faire des campagnes avec un ROI supérieur.
Le marché français est encore très récent et il n’existe pas aujourd’hui de benchmark suffisamment établi pour déterminer un CPC ou un CTR moyen représentatif de ChatGPT Ads en France. Les premiers retours terrain permettent néanmoins d’observer le fonctionnement du canal.
Dans une chronique publiée par le Journal du Net le 14 septembre 2026, Alexandre Bougra partage les résultats d’un test réalisé pour un SaaS B2B d’intelligence artificielle téléphonique. Sur 63 330 impressions en France, la campagne a généré 3 060 clics, soit un CTR de 4,83 % et un CPC moyen de 0,16 €. Au cours de certaines phases du test, des enchères autour de 0,10 € permettaient encore d’obtenir de la diffusion.
Ces chiffres sont intéressants, mais ils doivent être interprétés avec prudence. Ils proviennent d’une campagne, d’un annonceur et d’un contexte précis ; ils ne constituent donc pas une moyenne du marché français. Le retour d’expérience souligne d’ailleurs que le coût du clic ne suffit pas à juger la qualité du canal : la campagne observée a également enregistré des sessions courtes et un taux de rebond important.
Ce premier enseignement est essentiel : un CPC faible n’est pas nécessairement synonyme de performance business. Comme pour les autres canaux publicitaires, la qualité du trafic, les conversions et le comportement après le clic seront déterminants pour évaluer réellement l’intérêt de ChatGPT Ads.
Déployé dans 31 marchés européens, dont la France, ChatGPT Ads est accessible via Ads Manager aux annonceurs souhaitant toucher les utilisateurs des offres Free et Go. Les campagnes peuvent poursuivre trois objectifs : développer la visibilité avec une facturation au CPM, générer du trafic au CPC ou optimiser les conversions grâce aux modèles oCPC et oCPM. Le suivi des conversions doit être configuré pour bénéficier de ces optimisations, et l’objectif choisi ne peut plus être modifié après la création de la campagne.
Nous avons rédigé un article détaillé pour vous aider à mieux comprendre le fonctionnement de ChatGPT Ads, ses différents modèles de campagne et les opportunités qu’il peut représenter pour votre entreprise. Lire l'article dédié au fonctionnement de ChatGPT Ads.
L’e-commerce reste naturellement l’un des secteurs les plus porteurs pour la publicité digitale, notamment parce que l’intention d’achat y est souvent directe et facilement mesurable. Mais le GEA ouvre aussi des perspectives intéressantes pour des marchés où les besoins sont plus complexes et nécessitent davantage de contexte. C’est notamment le cas de l’hospitality, de l’immobilier et du droit, trois secteurs que nous portons chez Septeo Digital & Services.
Dans l’hospitality, le besoin est naturellement composé de nombreux critères. Un voyageur ne cherche pas seulement « un hôtel » : il cherche un établissement correspondant à un séjour précis, à une localisation, à un budget et à une expérience souhaitée.
Une requête comme « Nous cherchons un hôtel romantique avec spa, restaurant sur place et suffisamment central pour visiter la ville à pied » donne beaucoup plus de contexte que quelques mots-clés. L’environnement conversationnel est particulièrement adapté à cette manière de préparer un séjour.
Pour les hôtels, campings ou résidences, l’enjeu est donc de comprendre comment ces nouvelles conversations peuvent intervenir pendant les phases d’inspiration, de comparaison puis de réservation.
Pour une agence immobilière ou un professionnel de la transaction, le besoin peut commencer bien avant la recherche d’une agence. Un propriétaire peut d’abord vouloir connaître la valeur de son logement, comprendre les étapes d’une vente ou identifier les documents à préparer.
Une conversation avec une IA peut répondre à ces premières interrogations puis faire évoluer progressivement l’utilisateur vers la recherche d’un professionnel. La frontière entre recherche d’information et recherche d’un prestataire devient alors moins nette.
Cette évolution invite les acteurs de l’immobilier à travailler non seulement les requêtes transactionnelles classiques, mais également les questions qui apparaissent en amont d’un projet de vente ou d’achat.
Pour les professionnels du droit, un besoin commence souvent par une situation plutôt que par le nom précis d’une expertise. Divorce, transmission, litige, rupture de contrat ou création d’entreprise peuvent d’abord donner lieu à une recherche d’information. L’utilisateur peut donc exposer son problème à une intelligence artificielle avant de savoir précisément quel professionnel contacter. Le parcours de recherche commence alors plus en amont.
Cette évolution doit toutefois être abordée avec une vigilance particulière. Pour les avocats et commissaires de justice, toute stratégie de visibilité ou de publicité doit rester compatible avec les règles professionnelles et déontologiques applicables, notamment en matière de communication.
Non. Ces quatre leviers répondent à des logiques complémentaires.
Il n’existe pas de réponse unique. Le marché est encore récent et nous manquons aujourd’hui du recul nécessaire pour comparer systématiquement les performances du GEA à celles de canaux d’acquisition installés depuis des années.
Toutes les entreprises n’ont donc pas besoin de déplacer immédiatement leurs investissements publicitaires vers ces nouveaux environnements. En revanche, il devient pertinent de s’y préparer.
Cela signifie comprendre les nouvelles habitudes de recherche, identifier les intentions sur lesquelles une marque est légitime, travailler la qualité de son site et de ses contenus, disposer d’un tracking fiable et observer les nouveaux inventaires publicitaires disponibles.
Chez Septeo Digital & Services, nous ne considérons pas l’arrivée du GEA comme un simple nouveau format publicitaire. Nous y voyons une transformation plus globale du parcours de recherche.
Le moteur de recherche traditionnel ne disparaît pas. Le SEA non plus. Ils cohabitent désormais avec de nouvelles expériences conversationnelles qui modifient progressivement la façon dont les internautes découvrent, comparent et choisissent une entreprise ou un professionnel.
Notre vision de la transformation digitale : anticiper les innovations plutôt que d’attendre qu’elles deviennent des standards.
