
Je vais sembler peut-être trop direct, mais le PMS tel qu’on le connaît va disparaître. Et franchement, ce ne sera pas une mauvaise chose.
Je ne dis pas ça pour provoquer gratuitement. J’ai été réceptionniste, gouvernant, chef de réception. J’ai connu le back-office avant la tech. J’ai fait des check-in sur papier, au crayon et à la gomme, en espérant que le client ne demanderait pas trop de modifications de dernière minute. Puis j’ai vu arriver les premiers PMS, bien plus rigides qu’aujourd’hui, conçus pour organiser l’hôtel, mais souvent en dépit de ceux qui y travaillaient.
Aujourd’hui, en 2026, je suis convaincu d’une chose : le PMS idéal, c’est celui qui disparaît, qui devient invisible derrière l’opérationnel, celui qu’on n’a plus besoin d’expliquer ou de contourner. Un outil qui accompagne, pas qui entrave.
D'ailleurs, j'ai récemment été invité au podcast de 10 minutes pour un hôtelier, animé par Tony Loeb, pour traiter ce sujet particulier, et s’il vous intéresse aussi, je vous encourage à regarder l’épisode.
Pendant trop longtemps, on a considéré le PMS comme un totem technologique. Une sorte de centre névralgique absolu. Mais cette vision a fait son temps. Le mot lui-même est un héritage dépassé, il fait penser à un logiciel unique, monolithique, fermé. Or l’hôtellerie moderne, surtout indépendante, ne peut plus fonctionner avec des outils rigides et isolés.
Aujourd’hui, la réalité d’un hôtel, ou de tout établissement d'hébergement, c’est une infinité de cas particuliers. C’est un bureau de direction en sous-sol qui capte mal le Wi-Fi. C’est possiblement un spa et très souvent un restaurant. C’est aussi une balnéothérapie ou thalassothérapie incluant une prise en charge par la sécurité sociale. C’est un camping ou un chalet en zone blanche. C’est une résidence de tourisme avec cinq centres de profits. Cette complexité ne peut pas être résolue par « un PMS de plus », elle exige une suite métier. Une boîte à outils intelligente, modulaire, qui s’adapte à chaque terrain.
Avec ces nombreuses expériences, on s’est dit : « Et si on pouvait concevoir un outil qui intègre le meilleur de nos apprentissages, en cloud-native, pensé pour les vrais utilisateurs ? » C’est là qu’est né Ulyses Suite.
Il n’a pas été conçu pour briller sur une plaquette. Il a été conçu pour que les réceptionnistes, les chefs de réception, les équipes housekeeping et restauration aient un outil qui leur simplifie la vie. Le genre de vie où il faut changer un client de chambre, faire un check-out rapide, éditer une main courante, suivre une clôture, et j’en passe. Celle où le moindre ticket de support coûte du temps et de la crédibilité. C’est pour ça que, dès les premières démonstrations, j’exige qu’un réceptionniste soit présent. Parce qu’en fin de compte, c'est la réception et le terrain qu'on équipe, pas le service IT.
Voilà pourquoi il est important de s’orienter vers une solution cloud native, API-first, intégrant nativement des fonctions d’automatisation et d’IA. Mais plus que des buzzwords, ce sont des résultats concrets qui sont rendus possibles. Un boutique-hôtel à Paris a économisé un ETP à la réception. Et je ne parle pas de licenciement, je parle d'une équipe existante sous tension, avec un recrutement additionnel difficile. C’est l'automatisation des tâches qui a permis de supprimer la surcharge inutile.
Quand je parle de « suite métier », je parle d’un système où le PMS devient un module. Un composant. Pas un trône. C’est un back-office fluide, qui parle avec les autres outils, qui fait de la donnée un levier, pas un fardeau. C’est une IA qui optimise sans qu’on ait à lui dire de le faire. Une caisse qui continue de tourner, même sans Wi-Fi. Un check-in qui se fait sans effort. Un inventaire qui se met à jour sans appel au support, une réconciliation financière des paiements qui se fait automatiquement, quel que soit le canal.
La suite métier, c’est une vision du terrain. Ce n’est pas un fantasme de développeur. C’est la réalité que nous construisons avec Septeo Brain, notre laboratoire d’IA, qui travaille main dans la main avec ceux qui ont été réceptionnistes, comme moi. Parce que les meilleures idées, ce sont toujours celles qui naissent de frustrations concrètes.
D'ailleurs, cette nouvelle réalité que nous construisons intégrera très bientôt une IA conversationnelle qui permettra d’exécuter, par une simple demande en langage naturel, des opérations hôtelières concernant le ménage, l'attribution de chambres ou bien d'autres actions routinières. J'aurais ainsi la possibilité de vous en proposer une expérience concrète dès le mois de mars à l’occasion de Food Hôtel Tech 2026. L'idée est de permettre à n'importe quel utilisateur nouvellement arrivé, qu’il soit moyennement expert en hôtellerie ou pas encore formé au PMS, de l'utiliser de la meilleure façon possible avec le simple langage naturel.
Demain, le PMS n’existera plus tel qu’on le connaît. Et c’est tant mieux, parce que l’outil de demain sera invisible. Il réconciliera toutes les données qui transitent dans l’hôtel au travers des multiples logiciels ou modules. Il sera là pour libérer et assister les professionnels de l'hôtellerie, pas les remplacer. Il fera ce que les machines savent faire : gérer l’automatique, la redondance, la complexité technique. Il saura personnaliser les offres de l'hôtel auprès de chaque visiteur du site web, car il aura compris à quel type de voyageur il s’adresse. Il laissera aux hôteliers ce qu’ils font de mieux : l’accueil, le service, partager et faire vivre des émotions.
Ce que je défends aujourd’hui, c’est cette philosophie de travail. C’est une vision pour les hôteliers qui veulent que la technologie se taise un peu et que le métier reprenne la parole. Parce que le métier, je l’ai fait et je suis encore là pour le servir.
🎧 Pour aller plus loin, regardez le podcast Dans 5 ans, gérer un hôtel sans PMS deviendra normal.
