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Le retrait-gonflement des argiles n’est plus seulement une question de cartographie ou de reconnaissance Cat-Nat. Dans un arrêt du 12 février 2026, la Cour de cassation rappelle que l’indemnisation suppose aussi de regarder les mesures de prévention prises par le propriétaire. Une précision importante, à l’heure où le nouveau zonage argiles entre en application et où la sécheresse devient un sujet concret de vente, d’assurance et de responsabilité.
Le 12 février 2026, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a cassé une décision de la cour d’appel de Nîmes dans une affaire de sécheresse ayant provoqué des fissures sur une maison. L’assureur reprochait aux juges du fond d’avoir retenu sa garantie sans vérifier si le propriétaire avait pris les mesures habituelles de prévention exigées par l’article L.125‑1 du Code des assurances pour déclencher la garantie « catastrophes naturelles ». La Cour de cassation rappelle que ce texte prévoit que les dommages consécutifs à un événement naturel d’intensité anormale ne sont indemnisables que si les mesures habituelles pour prévenir les dommages ont été prises et n’ont pu empêcher leur survenance, ou lorsque ces mesures n’ont pu être prises. Elle juge que la cour d’appel a privé sa décision de base légale en ne recherchant pas si l’assuré avait effectivement pris ces mesures ou s’il en était empêché. L’arrêt est cassé et l’affaire renvoyée devant la cour d’appel de Montpellier.
Cette décision montre que, dans un contexte de multiplication des épisodes de sécheresse, la jurisprudence exige désormais du juge qu’il vérifie concrètement les mesures de prévention prises par le propriétaire avant d’accorder l’indemnisation Cat‑Nat. L’argument selon lequel la sécheresse serait la seule cause des fissures n’est pas suffisant : l’assuré doit démontrer qu’il a agi pour limiter les dommages.
Cadre légal : L’article L.125‑1 du Code des assurances prévoit que les effets des catastrophes naturelles correspondent aux dommages matériels directs non assurables ayant pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel ; s’agissant des mouvements de terrain différentiels causés par la sécheresse et la réhydratation des sols (RGA), la succession d’épisodes de sécheresse significative est prise en compte lorsque les mesures habituelles à prendre n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises.
Beaucoup de maisons construites avant l’entrée en vigueur de la loi Élan (2018) et du premier zonage national (2020) n’ont jamais fait l’objet d’une étude de sol et leurs propriétaires ignorent parfois qu’ils sont exposés. C’est dans ce contexte que la Synthèse Risques Argiles de Preventimmo prend tout son sens :
La décision du 12 février 2026 conduit les juges à vérifier concrètement que l’assuré a mis en place des mesures de prévention avant d’admettre la garantie « catastrophes naturelles ». Dans un contexte où la sécheresse est devenue un enjeu majeur de sinistralité Cat Nat et où des millions de maisons sont concernées par le RGA, l’anticipation n’est plus optionnelle. Le zonage national, actualisé par l’arrêté du 9 janvier 2026, et des outils comme la Synthèse Risques Argiles de Preventimmo permettent de sécuriser la démarche : identifier le niveau d’exposition et se repérer dans les « mesures habituelles » attendues au titre des obligations légales.
